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 Livre des morts

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Rhadamante

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MessageSujet: Livre des morts   23/11/2006, 07:49

Au Moyen Empire, il était de coutume d'écrire sur le cercueil les textes funéraires qui étaient utiles au mort. Plus tard, depuis le début du Nouvel Empire, on déposait un papyrus pour le mort dans la tombe ou on l'insérait dans les bandelettes de la momie. Cet ensemble de formules et d'illustrations, fut appelé "Livre des Morts", et devint le document indispensable du défunt qui voulait "sortir au jour".

L'appellation « livre » prête à confusion, de même que la division en « chapitres» qui n'a été établie qu'au siècle dernier. Il s'agit, en réalité, d'un ensemble décousu de textes plus ou moins longs (6,5m de long sur 0,30 de large pour celui d'Ani) mais pourvus de titres. Il n'y a pas une suite bien établie pour la transmission des formules: les manuscrits du Livre des Morts qui nous sont parvenus ont des textes de longueurs très variables.
Pesée du coeur


Certaines formules ont tant de succès qu'elles appartiennent obligatoirement au répertoire d'un manuscrit, d'autres viennent s'y ajouter et forment un tel ensemble qu'elles sont perçues comme une unité. Certains textes du Livre des Morts faisaient déjà partie des anciens Textes des Cercueils même si beaucoup d'éléments avaient changé, spécialement après le Nouvel Empire. Dans ces textes, il y a certainement beaucoup de sources d'erreurs, par le fait de la copie mais une grande part des changements dans les textes, en particulier dans le Livre des Morts, était voulue. Cela répondait à de nouvelles interprétations, à une autre compréhension, à de nouvelles questions. Cela se marque aussi souvent dans les titres des formules. Parfois, une contradiction apparaît entre le nouveau titre et le contenu de la formule. Les vignettes qui accompagnent les textes et qui commentent de façon imagée le texte ou le chapitre sont une innovation de cette époque.

L'ensemble de formules du Livre des Morts révèle une vision riche et variée de l'au-delà. « Sortir au jour » est un souhait souvent formulé par le défunt. Il peut être non seulement un titre caractéristique de quelques formules du Livre des Morts, mais aussi celui utilisé pour l'ensemble. Dans un cas, ce souhait est complété par une addition: « Formule pour sortir au jour et pour vivre après la mort ». Le défunt aimerait avoir sa tombe ouverte, aimerait bouger, pouvoir remonter, se régénérer. C'est déjà connu par les Textes des Cercueils. Dans ce contexte, le scarabée et le lotus sont aussi cités à côté d'autres déjà connus. L'idée du Ba en mouvement était un souhait régulier depuis les Textes des Cercueils, comme nous l'avons déjà mentionné.

De même, le Livre des Morts propose un matériel essentiel dont le Ka et l'ombre font partie. Pour celle-ci en tant que partie essentielle de l'individu, on demande le mouvement aussi par des prières à côté du Ba. Le nom joue aussi un rôle important ici; on voudrait s'en souvenir dans l'autre monde. Tout un ensemble de formules traite des soins à donner au mort si le cœur lui est enlevé, ce qui doit être évité si l'on veut une vie dans l'au-delà.

Pour écarter les dangers dans le monde souterrain, on utilise volontiers la magie. Toute une liste de formules doit, au besoin, assurer la défense par la magie. Des formules contre un crocodile ou contre des serpents jouent un rôle. Si l'on est obligé de séjourner dans les régions souterraines, on souhaite que ce soit au moins près d'Osiris. Cela peut être réalisé à Rosétaou. Là règne Osiris et il procure au défunt justifié tout ce qui est positif. C'est pourquoi le souhait du défunt est: « Fais-moi ouvrir le monde souterrain; ainsi j'entrerai dans Rosétaou et je franchirai les portes secrètes de l'Ouest. Alors, je recevrai un gâteau, une cruche de bière et un pain comme ces justifiés qui entrent et sortent à Rosétaou ». Dans cet ensemble de souhaits, on trouve aussi la « Formule pour entrer à Abydos et être dans la suite d'Osiris », là où la destinée du dieu se répète sous forme de drame, et le fait d'avoir été là est sanctionné par ce constat satisfaisant: « J'ai été jugé et innocenté; j'ai puissance sur mes ennemis; les actes qu'ils avaient commis contre moi sont passés. Ma force est ma protection. Je suis le fils d'Osiris. Mon père a protégé son corps contre ses ennemis ». Voilà le monde de l'au-delà selon le Livre des Morts. Il est à peine encore question de l'ancien souhait de séjourner au ciel. La participation à la course du soleil pour rajeunir apparaît cependant encore ici: « Je suis dans la barque et je dirige l'eau. Je suis dans la barque et je conduis le dieu », déclare le mort satisfait. Le thème de beaucoup de formules du Livre des Morts est de naviguer dans la barque et écarter d'elle les dangers, « afin d'éviter le banc de sable d'Apophis ». Nous devons encore parler du jugement du mort, un acte très important dans l'au-delà et qui ne s'exprime pas seulement ici.
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Rhadamante

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MessageSujet: Re: Livre des morts   18/5/2007, 06:02

Jugement de l'âme


Dans l'Égypte antique, le jugement de l'âme est une cérémonie au cours de laquelle un tribunal divin présidé par Osiris décide si le ka d'un défunt mérite l'immortalité.
La croyance d'une vie après la mort est profondément ancrée chez les anciens égyptiens.
Ayant sans doute pour origine la contemplation de phénomènes naturels,
tels les étoiles immuables, le lever éternel du soleil, le renouveau
végétal ainsi que l'apparition de la crue nilotique ont renforcé l'idée que l'homme, partie intégrante et indissociable de la nature,
subissait lui-aussi un régime cyclique, passant de la vie terrestre à
la vie éternelle, sous peine d'attirer vers lui les considérations
divines.
Pour les Égyptiens, l'être comporte un Bâ, improprement traduit par l'âme, une ombre, un akh et un corps (djet) doit être intact pour que le ka,
double spirituel, puisse accéder au monde souterrain. Ce qui explique
que très tôt dans l'histoire, les rites funéraires visent à conserver
l'intégrité physique.
Résultant de la momification
naturelle, le sable et le climat aride du désert conservant parfois
bien mieux que l'embaumement, le cadavre débarrassé de ses organes,
excepté le cœur, siège de la pensée, est desséché par du natron, sel naturel, durant soixante-dix jours.
Le trépassé continue de vivre à l'identique son existence terrestre
sans les désagréments, grâce aux scènes prophylactiques peintes sur les
murs de sa tombe et aux objets déposés dans celle-ci. Pharaon, frère des dieux et reconnu juste de voix, accompagne Rê dans sa barque céleste.
Maître du royaume des morts, Osiris préside le tribunal divin, qui permettra au ka
du défunt d'accéder au monde des bienheureux. Mais la route est longue,
semée d'embûches et de difficultés. N'est pas immortel qui veut ! Pour
cela le ka doit être puissant, ce qui implique une vie terrestre riche
et juste.
Aidé de l'exemplaire du livre pour sortir dans la lumière (le livre des morts), que la famille a eu soin de glisser dans le sarcophage, le ka voit Rê incarné en chat, triompher des ténèbres en décapitant le serpent Apophis.
Il doit citer les noms des gardiens et démons qui veillent sur les dix portes du monde souterrain. Il réclame à Anubis un nouveau cœur. Se transformant en faucon d'or, en serpent Sito en Ptah, en bélier, héron et lotus, il combat encore une fois Apophis.
Récitant les incantations et formules magiques, il accède au tribunal
divin où se tiennent les quarante-deux démons des enfers.
Puis Anubis, maître de l'embaumement, amene le ka du défunt dans la salle du jugement présidée par Osiris. Le cœur est déposé dans la balance et de l'autre côté du peson, la plume, symbole de Maât.
Le défunt récite par le négatif les fautes qu'ils n'a pas commises lors
de sa vie terrestre. Si les pesons s'équilibrent, il est reconnu
« juste de voix » et peut franchir l'étape suivante, si son cœur est
plus lourd que Maât, Babaï le lui dévore et c'en est fini de l'immortalité. Le résultat est transcrit sur un papyrus par Thot, le dieu des scribes. En bref, les hommes vivants selon Maât peuvent être justifiés par le tribunal d'Osiris.
Le mythe osirien du jugement de l'âme est un exemple de psychostasie.

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