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 Légendes de 91 à 101

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Rhadamante

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MessageSujet: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:21

Yandi, Dieu du Soleil


PARTIE I

On sait que, sur ordre de l'Empereur Céleste, Yi descendit sur terre pour abattre neuf des dix soleils et sauver ainsi l'humanité. Qu'advint-il alors du dernier soleil?

La chute de ses neuf frères lui avait causé une grande frayeur. Au début, il n'osait point être paresseux et négligent dans son travail. Le matin, il se levait de bonne heure et, d'est en ouest, traversait l'immense voûte céleste.

Néanmoins, à la longue, il commença à se ménager. Tantôt il s'amusait dans le lac Tanggu, en différant son départ pour le ciel; tantôt il se réfugiait tout simplement dans l'arbre Fusang et y dormait paresseusement, restant parfois dix à quinze jours sans se lever.

Dans de pareils cas, il n'y avait plus ni nuit ni jour dans l'univers; il y régnait une obscurité totale. Dépourvus de soleil, herbes, fleurs, arbres et plantes, commençaient à se flétrir, la température s'abaissait et il faisait terriblement froid.

Hommes, bêtes et oiseaux, grelottant de froid, se recroquevillèrent en attendant la mort. Si cette situation avait continué, tous les êtres vivants auraient été exterminés et il ne serait resté qu'un monde désert et glacé.

Informé de la catastrophe imminente, l'Empereur Céleste envoya immédiatement un génie dans les régions orientales. Chaque jour, il devait réveiller le Soleil puis, monté dans son carrosse céleste tiré par six Dragons, il le suivait dans sa course et le faisait accomplir en temps voulu son trajet quotidien.

C'est ainsi que le génie Yandi, chargé spécialement de surveiller le Soleil, devint désormais le Dieu du Soleil. Habitant avec le Soleil à l'Est, on le nommait également le Souverain de l'Orient.

Yandi était un Génie majestueux et martial. Vêtu d'un tunique verte et d'un longue robe blanche, il tenait dans la main gauche un rameau de ruomu, bois immortel et lumineux poussant dans les régions occidentales dont il se servait soit comme fouet pour chasser le Soleil devant lui, soit comme plumeau pour l'épousseter quand il était terni par les nuages, le brouillard ou la poussière.

PARTIE II

Dans la main droite, Yandi tenait un arc gigantesque sur la corde duquel était tendue en permanence une longue flèche effilée et tranchante destinée, le cas échéant, à abattre le Loup Céleste. On dit que dans le ciel, tout comme sur terre , vivent des bêtes nuisibles.

Le Loup Céleste était l'une de ces bêtes monstrueuses et féroces. Il se cachait dans le ciel pour dévorer les étoiles. Lorsqu'il rencontrait le Soleil ou la Lune, et s'il était affamé ce jour là, il était même capable d'en dévorer un morceau. Aussi Yandi était-il également chargé de la protection du Soleil.

Pour que le Soleil se réveillât à l'heure chaque matin et qu'il ne manquât pas à son devoir, l'Empereur Céleste envoya sur terre le Coq de Jade, qui s'installa sur le faîte de l'arbre Fusang où le soleil passait la nuit.

Son plumage était blanc et luisant, son bec et ses pattes dorés et sa crète pourprée. Son chant s'entendait de très loin . Vif et alerte, il se réveillait toujours le premier à l'aube et, perché sur la plus haute branche, le coup tendu, il poussait de retentissants cocoricos, immédiatement suivis par ceux de tous les coqs de la terre. Ainsi le Soleil ne pouvait-il pas ne pas se réveiller. Conduisant son carosse céleste, Yandi faisait partir le soleil du lac Tanggu pour accomplir sa tâche quotidienne.

Arrivé à l'Ouest, le Soleil descendait sans se presser derrière le mont Yanzi. Là se trouvait un autre grand lac, le lac Mengshui, où le Soleil pouvait prendre un bain pour chasser la fatigue d'une longue journée de travail. Puis, il se laissait glisser au fond de l'abîme Yu qui communiquait avec le lac Tanggu. Porté par le courant, il arrivait rapidement au lac Tanggu, et montait sur l'arbre fusang pour y dormir à son aise, jusqu'au prochain chant du coq.

Par leur parcours quotidien dans le ciel, Yandi et le Soleil apportaient la lumière et la chaleur aux hommes et à tous les êtres vivants. Grâce à eux, le monde était devenu riche et beau. Aussi étaient-ils l'un et l'autre vénérés par les hommes.

PARTIE III

Un jour, Yandi cheminait dans le ciel comme d'habitude au bord de son somptueux carrosse, quand, en traversant la Rivière des Eaux pourpres, les six Dragons levèrent la tête et refusèrent d'avancer.

Les eaux limpides de la rivière leur avaient donné soif. Pourquoi l'appelait-on la rivière des Eaux pourpres? Parce que la rivière prenait sa source dans les monts des Pêchers, sur les sommets et les pentes desquels poussaient d'innombrables pêchers.

Au printemps, lorsque ces arbres fleurissaient, les eaux de la rivière se teintaient de pourpre par les reflets des fleurs de pêchers. En voyant ses Dragons assoiffés, Yandi arrêta son carrosse et mena les animaux jusqu'au bord de la rivière pour les abreuver.

C'est alors que non loin de là , un son mélodieux se fit entendre. C'était comme le murmure d'une source de montagne. la mélodie était agréable, bien que mélancolique. Yandi regarda en direction du bruit et vit une jolie jeune fille, assise solitaire auprès d'une source, en train de jouer de la cithare.

Cette jeune fille s'appelait Ting Yao. C'était la fille de la Déesse de la rivière des Eaux pourpres. Elle habitait toute seule d'un bout de l'année à l'autre dans la montagne. Chaque fois qu'elle se sentait solitaire, elle allait s'asseoir près de cette source pour jouer de la cithare.

Accompagnés du murmure de la source, les sons de sa cithare évoquaient des plaintes mélancoliques et s'entendaient de loin. Ceux qui les avaient entendus appelaient cet endroit la source de la Tristesse.

Yandi s'approcha discrètement et, appuyé contre un rocher, il écouta sans faire de bruit. Hypnotisée par la musique, la jeune fille ne s'aperçu pas de la présence de Yandi. Elle jouait merveilleusement bien, et la mélodie était envoûtante. Dans les passages mélancoliques, la musique était si émouvante que même les plantes et les fleurs de pêchers en étaient touchées jusqu'aux larmes. A la fin du morceau, Yandi ne put s'empêcher de s'exclamer:
- Ah! Que c'est beau et bien joué! Cela m'a touché jusqu'au fond du coeur.

PARTIE IV

La jeune fille se retourna et vit un jeune homme majestueux en train de la regarder. Rougissante, elle voulut se retirer tout de suite avec sa cithare.

Votre musique est vraiment belle et touchante, mais tellement mélancolique! Pourquoi une telle tristesse? Demanda Yandi avec compassion.

Timide, Ting Yao hésitait à ouvrir son coeur solitaire et triste à un inconnu, surtout à un jeune homme et, pour toute réponse, elle lui sourit tendrement, puis baissa la tête.

- Regardez comme le spectacle du printemps est coloré et comme la terre est animée! Les oiseaux chantent joyeusement dans les arbres, les poissons nagent librement dans les eaux et les hommes profitent du beau temps pour semer et planter leurs champs. Caressés par le vent printanier, les plantes et les arbres croissent librement. Jouez plutôt un morceau gai, voulez-vous?

Et Yandi, dont l'optimisme et la largeur d'esprit dominaient le caractère, rit franchement.

Les paroles de Yandi pénétrèrent dans le coeur de la jeune fille comme des rayons de soleil et l'impressionnèrent beaucoup. Elle leva la tête et le regarda. Son air franc, son sourire optimiste et son tempérament vigoureux firent naître en elle un sentment doux et léger. Mais très timide, elle ne voulait pas montrer le changement intérieur de ses pensées. Tête baissée, les doigts sur les cordes de sa cithare, elle recommença à jouer. Et ce fut le miracle. La mélodie jaillie de sa cithare était non seulement joyeuse, mais inspirait aussi l'espoir...

Hélas, Yandi avait une tâche importante à accomplir et ne pouvait s'attarder davantage. Il sourit à la jeune fille, lui dit au revoir et se hâta de se remettre en route.

Ce jour-là, tout le long du chemin, le dieu du Soleil crût entendre la cithare de Ting Yao tout près de lui, et voir la belle silhouette de la jeune fille sautiller sans cesse devant ses yeux. Yandi était tombé amoureux de la jeune fille.

Depuis lors, chaque fois qu'il passait par là, il s'arrêtait quelques instants sous prétexte d'abreuver ses Dragons ou de reprendre haleine, en fait pour le plaisir de bavarder avec Ting Yao et l'écouter jouer de sa cithare.

La présence de Yandi rendait toujours plus gaie la jeune fille. D'ores et déjà, les sons de sa cithare n'étaient plus sombres et tristes, mais pleins d'ardeur et d'espoir...

C'est ainsi qu'ils s'aimèrent, puis se marièrent. Ils vécurent dans l'affection et le respect mutuel. Ting Yao mit au monde trois enfants: Un fils, Yan Ju, et deux filles Yao Ji et Nü Wa.

Yan Ju ne laissa aucune légende derrière lui. Quant aux destins de Yao Ji et de Nü Wa, ils nous sont contés dans les légendes Chang E s'envole vers la Lune et Jingwei comble la mer.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:21

Le Serpent Blanc


Lü Dongbin (1)

Ce 3 mars était un jour printanier. Au bord du lac de l'Ouest, les saules portaient de verts bourgeons et les pêchers des fleurs roses; de nombreux voyageurs étaient venus de tous les coins du pays pour se distraire.

Lü Dongbin, un des huit immortels, s'étant transformé en un vieillard à la barbe et aux cheveux gris, y vint aussi. La palanche à l'épaule, il s'amusa à vendre des boulettes de farine de riz au bouillon.

Posant sa palanche à terre, il s'installa sous un saule, sur le pont brisé. Quand il vit des boulettes de farine de riz surnager sur l'eau bouillante, il se mit à crier de toute sa voix:
- Qui veut des boulettes, qui veut des boulettes! Un sou les trois grosses, trois sous la petite!

Surpris par les appels du petit marchand, des gens se mirent à rire et lui firent remarquer:
- Grand-père, vous vous êtes trompé! Il faut interchanger les prix de la grosse et de la petite boulette!

Lü Dongbin, sans tenir compte des observations , continua:
- Qui veut des boulettes, un sou les trois grosses, trois sous la petite!

Des promeneurs s'approchèrent en souriant; on sortit un sou de sa poche pour acheter de grosses boulettes; peu après, elles étaient toutes vendues.

Alors, un bonhomme dans la cinquantaine, un enfant dans les bras, se glissa près du marchand en poussant les autres badauds. L'enfant, quand il vit que les gens mangeaient des boulettes en voulut aussi. Mais, plus de grosses boulettes!

Le père fut obligé d'acheter une petite boulette pour trois sous. Ayant pris l'argent, Lü Dongbin lui donna d'abord un bol d'eau bouillante, puis, il y mit une petite boulette. L'homme, le bol en main, soufflait sur l'eau pour la refroidir. La petite boulette tournoyait tout autour du bol. Très content, l'enfant, avançant la bouche, voulut la manger. Mais cette petite boulette, comme vivante, se glissa dans son ventre, quand il approcha le bol à sa bouche.

Depuis le moment où l'enfant eut pris la boulette, il ne mangea plus rien durant trois jours et trois nuits. Dévoré d'inquiétude, son père le ramena auprès du marchand.

Lü Dongbin, quand il eut entendu son histoire, éclata de rire et dit:
- Ma petite boulette n'est pas une nourriture ordinaire; évidemment, ton fils n'est pas destiné à en profiter!

Ce disant , il porta l'enfant sur le Pont brisé, le saisit soudain par les pieds et le tenant la tête en bas il s'écria:
- Sors!

La petite boulette avalée trois jours auparavant glissa de la bouche de l'enfant, tomba sur le pont et finit par rouler dans le lac.

Justement, un serpent blanc et une tortue étaient en train de perfectionner leur pouvoir magique sous le pont. Lorsque la petite boulette tomba du pont, le serpent blanc qui avait un long cou fut le premier à l'avaler. La tortue l'avait ratée; elle voulait que le serpent se l'enlève de la bouche et se mit à se quereller avec lui. Ils en vinrent même à se battre.

Comme ils s'étaient exercé tous deux à la pratique de la perfection depuis cinq cents ans, le pouvoir magique du serpent et de la tortue était d'égale puissance. Mais après avoir avalé la boulette, le pouvoir magique du serpent doubla, car la boulette était une pilule magique. La tortue, vaincue, prit la fuite vers l'ouest.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:24

Gun et Yu domptent les Eaux


PARTIE I

On dit que dans la Chine antique sévirent à une époque de graves inondations. Les dégâts causés par les crues incessantes dépassent l'imagination. La terre ressemblait à un océan, toutes les cultures étaient noyées, les maisons détruites.

Soutenant les vieux et portant les enfants, les gens s'enfuyaient dans les montagnes ou se réfugiaient sur de grands arbres. Ceux qui réussissaient à se sauver en montant sur les arbres ou sur quelque escarpement mouraient de faim et de froid peu après. Ceux qui avaient eu la chance de pouvoir joindre à temps les montagnes menaient une existence toute provisoire eux aussi.

S'ils pouvaient s'abriter dans les grottes ou construire des abris, se nourrir d'écorces ou de légumes sauvages, ils étaient cependant trop nombreux pour les maigres ressources dont ils disposaient. En outre, de nombreux serpents venimeux et des animaux sauvages qui, chassés par les inondations, s'étaient sauvés dans les montagnes menaçaient la vie des hommes.

Aussi le nombre de gens qui mouraient de noyade, de froid, de faim ou de l'attaque des animaux était-il incalculable. Désespérés, les sinistrés en appelaient jour et nuit à la clémence de l'Empereur Céleste, lui demandant de résorber les crues et de leur épargner la vie.

Loin de là, à l'autre bout du ciel, l'Empereur Céleste faisait la sourde oreille aux injonctions de son peuple. Il ne pensait qu'à s'amuser avec sa cour et ne se souciait nullement du sort de l'Humanité. A ses yeux, les habitants de la terre ne valaient pas mieux que des fourmis.

Le malheur du peuple et ses prières désespérées avaient beaucoup touché Gun, grand génie du ciel et petit-fils de l'Empereur Céleste; "Il faut que j'intervienne auprès de mon grand-père", pensa-t-il.

Tout grand génie et petit-fils de l'Empereur qu'il fût, il ne lui en était pas moins difficile de rencontrer son grand-père. A plusieurs reprises, il alla demander audience. Mais, soit le féroce Gardien de la Porte du Ciel lui en refusait l'accès, soit sa requête recevait une fin de non recevoir de la part de l'Empereur qui n'avait pas le temps de s'occuper de lui.

L'Empereur Céleste était très égoïste. Non seulement il ne pensait qu'à son propre plaisir, mais il était privé de tout sentiment envers ses propres descendants. Imbu de sa puissance, il cherchait à en imposer.

PARTIE II

Un jour, rongé de soucis et n'en pouvant plus d'attendre, Gun força la Porte du Ciel, disant qu'il avait quelque chose d'extrèmement urgent à dire à son grand-père. Le Gardien céleste en informa l'Empereur et introduisit Gun dans le Palais céleste.

L'Empereur était en train de se divertir quand Gun arriva. Devant lui était disposée une coupe de fruits d'immortalité, tandis que des Fées évoluaient avec grâce au son d'une musique envoûtante. L'intrusion de son petit-fils dans le Palais irrita beaucoup l'Empereur.
- Qu'as-tu de si urgent à me dire pour me déranger ainsi? Lui demanda-t-il sèchement.

- Grand-père, toute la terre est inondée. Les gens qui ne sont pas morts sont en fuite, vivant dans un état misérable! Pourquoi ne faites-vous pas descendre les crues?

- Pas question! Répliqua l'Empereur en colère. Ces créatures sont chargées de tous les péchés, ce qui leur arrive n'est qu'un juste châtiment. Et puis, je n'ai pas le temps de m'occuper d'eux. Va et, désormais, ne me dérange plus pour des vétilles!

Gun fut obligé de se retirer. Mais les souffrances et les malheurs du peuple lui brûlaient le coeur comme un feu ardent. "De toutes façons, se dit-il, je dois tout faire pour sauver les survivants!" Hélas, tout le pouvoir était détenu par son grand-père. Il ne pouvait rien faire.

Le niveau des eaux montait toujours. ce furent d'abord les plaines et les maisons qui disparurent sous les eaux, puis les arbres élancés qui ne laissaient voir que leur faîte et bientôt ce serait les collines qui seraient englouties. Toute la terre présentait un spectacle terrible. Les flots boueux déferlaient partout dans des tourbillons meurtriers.

Ceux qui s'étaient réfugiés au sommet des montagnes criaient sans cesse des appels de détresse, tristes et lamentables. Si le niveau des eaux continuait à monter, elles submergeraient toute la terre et l'Humanité serait exterminée.

Généreux et honnête, Gun ne pouvait plus rester inactif. Il savait que, pour dompter les eaux, il suffisait d'obtenir un précieux trésor jalousement gardé par l'Empereur : La "Terre Proliférante". Une petite quantité de cette terre suffisait, en se dilatant, à ériger une digue solide contre les flots de plusieurs kilomètres, voire de plusieurs centaines de kilomètres. Grâce à la Terre Proliférante, on pourrait drainer les eaux et faire décroître les crues.

Mais cette terre proliférante était soigneusement cachée par l'Empereur. Insensible comme il l'était au sort de son peuple, on imagine mal qu'il permit d'utiliser son trésor.

PARTIE III

Gun fit alors appel à un hibou qui passait par là. Il lui demanda :
- Sais-tu que l'Humanité est plongée dans le malheur?

- Et comment! Les crues sévissent, ici comme partout ailleurs. L'Humanité est au bord de l'extermination, répondit l'oiseau.

- Tu survoles souvent la cour du Palais céleste et ses environs. Avec ta vue perçante, de jour comme de nuit, tu distingues nettement les objets. Aussi voudrais-je te demander quelque chose.

- Quoi donc?

- Sais-tu où mon grand-père cache la Terre Proliférante? Elle m'est indispensable dans l'aménagement des Eaux, il faut absolument que je la trouve.

- Cela, je ne le sais point, dit le hibou d'un air pensif. Mais je suis sûr qu'elle est cachée dans le Palais postérieur de la cour céleste. De nombreux coffres en jade y sont entassés. C'est sans doute là que ton grand-père met tous ses trésors.

- Peux-tu faire des recherches pour moi? Il y va de la survie de l'Humanité, demanda Gun avec insistance.

Le hibou acquiesça d'un signe de tête. La nuit était tombée. Toutes les portes du ciel étaient fermées. Mais cela ne pouvait constituer un quelconque obstacle pour notre hibou : Il avait deux ailes et une vue perçante. Il arriva dans la cour du Palais et se posa sur le bord d'un fenêtre du Palais Postérieur. De là, il put regarder à loisir l'intérieur de la pièce.

De gros coffres étaient alignés, sur lesquels étaient gravés de gros caractères en or : "Elixir d'Immortalité", "Bâton de Vie Millénaire", "Câble de Communication avec le Ciel",... Finalement, il apperçut dans un coin un coffre sur lequel étaient gravés deux caractères dorés : "Terre Proliférante". Il revint aussitôt annoncer la nouvelle à Gun.

Cependant, la question n'était pas résolue pour autant. Cette Terre Proliférante était terriblement lourde, trop lourde pour un oiseau. Gun réfléchit un moment et se rappela soudain de la Tortue Céleste qui habitait au bord de la rivière Yu et qui avait la force de transporter une montagne.

Gun rendit visite à la Tortue et lui fit part de sa requête. La Tortue Céleste accepta d'aider Gun à sauver l'Humanité.

Guidée par le hibou, la tortue se mit en route pour le Palais postérieur, elle pratiqua une ouverture et se glissa à l'intérieur. Un instant après, elle en ressortit avec la Terre Proliférante sur le dos. Tout le monde sait que les tortues sont des animaux robustes. Néanmoins, notre tortue céleste était couverte de sueur et, sous sa charge pesante, elle avait du mal à reprendre haleine.

A la vue de la Terre Proliférante, Gun ne se sentit plus de joie. Il pria la tortue de la déposer à un endroit choisi et cria à la terre: "Etends-toi!" Alors la Terre Proliférante s'étendit et s'étendit encore, drainant les eaux, canalisant les crues, édifiant des digues, tant et si bien qu'en peu de temps l'inondation fut maîtrisée.

PARTIE IV

L'Humanité fut ainsi sauvée. Les réfugiés retournèrent chez eux et commencèrent à semer, à réparer ou à reconstruire leur maison.

Mais l'affaire du vol de la Terre Proliférante parvint aux oreilles de l'Empereur Céleste. Très en colère, il fit venir immédiatement Gun et l'accabla de reproches:
- Tu as même osé voler ma Terre Proliférante! C'est une rébellion!

Pensant que ce qu'il avait fait était juste, Gun nullement effrayé, tint tête à son grand-père:
- L'Humanité a subi un immense cataclysme et tous les hommes ont dû quitter leur foyer, manquant de vêtements et de nourriture. N'était-il pas injuste de les laisser mourir sans leur apporter aucun secours? Répliqua Gun.

- Tais-toi! Comment oses-tu me parler sur ce ton?

Atteint dans son prestige, l'Empereur éclata de colère. Sans laisser à Gun le temps de se défendre, il donna l'ordre à son gardien Zhu Rong de l'emmener dans les monts Yushan au pôle Nord et de le mettre à mort. De plus, il ordonna qu'on rapportât la Terre Proliférante au Palais.

Ainsi l'Humanité qui venait juste d'échapper à la catastrophe, fut à nouveau frappée par le fléau des inondations.

Gun, tué sur l'ordre de l'égoïste Empereur Céleste, resta vivant dans le coeur des hommes. Son corps resta trois ans sans se décomposer. Craignant que Gun ne ressuscitât pour se venger, l'Empereur envoya un génie éventrer la dépouille de Gun. Mais le ventre de Gun s'était ouvert de lui-même et de son coeur était né un fils, Yu. Après la naissance de Yu, le corps de Gun roula dans un abîme et devint un poisson.

Comme son père Gun, Yu avait un coeur généreux et était épris de justice, mais il était plus intelligent et plus courageux que son père. Il prit la résolution de reprendre et de poursuivre sa tâche inachevée pour dompter les Eaux.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:25

PARTIE V

Yu haïssait l'Empereur Céleste. Il ne monta pas au ciel pour implorer son aide, mais prit le parti de maîtriser les Eaux de ses propres mains et avec l'aide de tous ceux qui voudraient le suivre.

Yu savait que la cause première de tous ces désordres sur terre, c'était Gong Gong, le génie des eaux qui, avec son armée de diables des montagnes et de démons des eaux, troublaient l'ordre de la nature. On ne pourrait dompter les eaux sans le neutraliser d'abord.

Yu invita les divinités à se rassembler sur le mont Maoshan, au bord de la Mer orientale pour organiser une expédition commune contre Gong Gong. Ce projet généreux avait gagné beaucoup de partisans. Les divinités vinrent de partout. Il y avait là Bo Yi le génie des oiseaux, Wu Muyou le génie des bois, Tong Lü chargé du maintien des règlements et de la loi céleste, Geng Chen le génie du temps ainsi que Kui Long, Ying Long et d'autres encore...

Ils se consultèrent: La Plaine centrale du mont Tongbai était la région la plus sinistrée; elle était occupée par Wu Zhiqi, génie des eaux des rivières Huai et Guo. C'était le génie favori de Gong Gong. Fort de son pouvoir, il semait vent et tempête. Il était cruel et sans aucune retenue dans sa conduite.

Yu était passé trois fois par cette région. Il avait vu les crues déferler: Le spectacle de cette mer immense était effrayant. La décision fut donc prise de neutraliser Wu Zhiqi en premier.

Yu chargea d'abord Tong Lü et Wu Muyou de faire une expédition contre Wu Zhiqi. Mais comme le génie des eaux était très fort, ceux-ci ne pouvaient l'emporter. Wu Zhiqi était à la fois rusé et féroce. Il ressemblait à un gorille: Front proéminent, nez applati, une tête blanche sur un corps vert, des dents d'une blancheur de neige et des yeux jaunes, brillants de malice. Son cou mesurait une trentaine de mètres. Il était doté d'un force extraordinaire et pouvait se mesurer à neuf éléphants.

Généralement il se cachait dans l'eau et, lorsqu'il en sortait, c'était tantôt à l'Est, tantôt à l'Ouest et cela rendait difficile sa capture. Yu envoya alors Geng Chen, le Génie du Temps. Il était plus leste que Wu Zhiqi. A la vue de Geng Chen, Wu Zhiqi voulut se sauver dans l'eau, mais il était trop tard; dans un cliquetis d'acier, il fut touché par la hallebarde de Geng Chen et capturé. Yu ordonna qu'on lui passe une chaîne au cou et qu'il lui soit accroché au nez une grappe de grosses cloches d'or, puis qu'on l'enferme à clef au pied du mont Gui, au bord de la rivière Huai, afin de le neutraliser à jamais.

PARTIE VI

Wu Zhiqui réduit à l'impuissance, il fallait maintenant sévir contre Gong Gong. Celui-ci se trouvait alors dans la région de Kongsang. Pour qu'il ne s'échappât pas par avance, Yu rappela les génies en consultation. Ils décidèrent d'encercler à l'improviste Gong Gong afin de le capturer d'un seul coup. Mais le Génie du Vent arriva en retard à la réunion, différant ainsi le départ de l'expédition.

Gong Gong eut vent de la capture de Wu Zhiqi et de l'expédition qu'on préparait contre lui. Il excita les crues et la région de Kongsang fut entièrement submergée. Profitant de la puissance des eaux, il s'enfuit on ne sait où.

Tout le monde était très fâché contre le Génie du Vent. A cause de lui, on avait manqué l'occasion de capturer Gong Gong et lorsque le retardataire arriva enfin au mont Maoshan, Yu le fit mettre à mort. On dit que le mont Huiji, dans la province de Zhejiang, n'est autre que l'ancien mont Maoshan. "Huiji" ne signifie-t-il pas "réunion de discussion d'un projet"?

Après la capture de Wu Zhiqi et la fuite de Gong Gong, la tâche principale restait encore à faire: Drainer les eaux vers la mer et maîtriser les crues pour que les hommes puissent vivre en paix. L'oeuvre était immense et extrêmement pénible.

Après avoir bien réfléchi, Yu estima que pour dompter les Eaux, il fallait d'abord faire des recherches sur la configuration et le relief de la terre. Il ordonna alors à Da Zhang et Shu Hai, deux grands génies célestes, de mesurer la surface de la terre. Da Zhang marcha d'Est en Ouest et calcula la largeur de la terre : 200 033 500 li et 75 pas. Shu Hai obtint le même chiffre du nord au sud.

En outre, selon leur rapport, des rivières et des fleuves sillonnaient la terre en tout sens, tandis que d'innombrables abîmes s'ouvraient sur une profondeur de plus de 800 mètres. L'aménagement des Eaux sur une si vaste étendue ne serait pas chose aisée.

Cependant, vouloir c'est pouvoir. Déterminé à ne reculer devant aucune difficulté, Yu se lança dans cette tâche gigantesque pour délivrer l'Humanité de ce fléau le plus rapidement possible.

Pour draguer les fleuves et combler les abîmes, il fallait d'abord connaître l'inclinaison de la terre, et trouver les sources des fleuves et les endroits où l'on pouvait drainer les eaux des crues. A la tête d'une petite troupe et au mépris du vent et de la pluie, Yu chemina par monts et par vaux en faisant face à d'innombrables dangers. Il parcourut des régions où personne n'avait jamais mis les pieds. Il y vit des choses extraordinaires et apprit des histoires étranges qui sont présentées dans les contes des pays lointains.

Dans son travail d'aménagement des crues, Yu bénéficia du soutien de plusieurs divinités. Un jour, au cours d'une inspection dans les monts Longmen, il rencontra Fu Xi, qui habitait la région. Ce dernier lui offrit la carte des Huit Trigrammes représentant le ciel, la terre, le vent, le tonnerre, l'eau, le feu, la montagne et les lacs, ainsi que leur place et leurs rapports entre eux. Cela était d'une grande utilité pour aménager les eaux.

Un autre jour, Yu était en train d'inspecter le fleuve Huanghe lorsqu'un génie à visage d'homme et à corps de poisson surgit de l'eau et lui offrit à son tour une carte hydrologique. Ce génie n'était autre que Feng Yi, le maître des fleuves. Cette carte indiquait les directions des fleuves ainsi que leur débit. Comme dit le proverbe, celui qui s'en tient à la justice gagne toujours des soutiens. Grâce à ces deux cartes et à ses propres investigations, Yu put commencer l'aménagement des Eaux proprement dit.

PARTIE VII

On se mit au travail. Muni d'une pioche et d'un panier, Yu ouvrit le chantier sur lequel allaient travailler des milliers et des milliers de gens. Ils creusèrent des lacs, construisirent des barrages, transportèrent de la terre et comblèrent les ravins.

Au cours de leur travail, la Tortue Céleste qui avait aidé Gun à transporter la Terre Proliférante apporta son soutien à Yu. Elle pouvait transporter une colline en une seule fois. Pour combler un ravin profond de centaines de mètres, quelques allers et retours lui suffisaient. Le Dragon Ying, d'une taille gigantesque et d'une force herculéenne vint aussi apporter sa contribution à l'aménagement des crues. Avec son immense queue plus dure que l'acier, il pouvait draguer plusieurs fleuves en une journée.

Les travaux les plus durs et les plus pénibles furent sans conteste ceux du percement de la porte du Dragon. Le mont Longmen s'étendait sur des centaines de kilomètres et barrait le fleuve Huanghe sur son cours moyen, coupant le cours des eaux tumultueuses et les obligeant à s'écouler par une étroite vallée au pied de la montagne. Lorsque les crues venant d'amont se précipitaient ici, elles nepouvaient être drainées à temps et se ruaient partout en causant de terribles inondations.

Malgré la fatigue et en dépit du danger, Yu participa aux travaux de perçage du mont Longmen. En été, le soleil ardent leur tapait sur la tête; les pierres étaient brûlantes et les corps luisaient de sueur. En hiver le vent hurlait, le froid fendait les pierres; les doigts étaient transis et les pieds crevassés.

D'un bout de l'année à l'autre il fallait lutter contre le vent, le givre, la pluie ou la neige, se protéger contre les insectes venimeux et les fauves. Les printemps et les hivers se succédèrent. Finalement, après cinq années de travail acharné, la Porte du Dragon fut percée et les eaux purent désormais s'écouler librement.

Qhel orgueil et quelle joie lorsque les travaux furent achevés! Les gens vinrent entourer Yu et lui exprimer leur gratitude. Leurs cris s'envolèrent jusqu'au ciel et secouèrent la cour céleste. Lorsque l'Empereur Céleste daigna jeter un coup d'oeil en bas, il n'en revint pas. il ne lui était jamais venu à l'idée qu'on pût réaliser un aussi gigantesque ouvrage.

Plus tard, la Porte du Dragon devint un endroit mystérieux. Chaque année, au début du printemps, les carpes vivant en aval de la Porte s'y rassemblaient pour sauter ce barrage naturel. On dit que celles qui réussissaient cet exploit devenaient des Dragons et celles qui échouaient se cassaient la tête et les branchies contre les rochers. Malgré le danger, peu de poissons ne tentaient pas leur chance.

La femme de Yu était originaire du mont Tushan dans le sud. Elle s'appelait Nujiao. Après leur mariage, Yu ne resta que quatre jours auprès d'elle, puis repartit aménager les Eaux. Nujiao donna naissance à un fils qu'elle appela Qi, comme lui avait demandé Yu avant de repartir. Qi signifie "départ" et symbolise le départ de Yu quatre jours après leur mariage.

Après avoir quitté sa famille, Yu parcourut le pays d'un bout de l'année à l'autre. Nujiao s'ennuyait beaucoup de lui. Souvent, son fils dans les bras, elle descendait au pied du mont Tushan pour attendre son retour. En vain, Yu ne rentrait pas. dans sa déception, elle composa pour lui la première chanson d'amour de la Chine du Sud:

"Ô homme que j'attends, sais-tu que le temps est long!..."
( La suite de ce chant n'est malheureusement pas connue. )

PARTIE VIII

Un jour, comme d'habitude, son enfant dans les bras, Nujiao attendait au pied de la montagne. Soudain, elle vit un homme venir au loin. Ce n'est que lorsqu'il fut tout près qu'elle reconnut son mari. Epuisé par sa tâche, il avait beaucoup maigri. Ses pieds et ses mains étaient couverts d'ampoules, ses vêtement étaient en lambeaux. Seuls ses deux yeux brillants reflétaient toujours sa sagesse et sa volonté.

A la vue de Yu, Nujiao fut partagée entre la joie de le retrouver et la tristesse de le voir dans cet état. Elle le pressa de rentrer à la maison pour se reposer.
- Non, ce n'est pas possible, expliqua Yu à sa femme. Les travaux d'aménagement des Eaux ne sont pas finis et les gens bloqués sur des buttes ou réfugiés dans les montagnes sont toujours menacés par les crues. Il est urgent de les sauver!

- Reste au moins quelques jours à la maison, le supplia-t-elle. Regarde-toi, tes vêtements doivent être réparés et tes chaussures sont à refaire.

- Non, le temps presse! Je sais qu'en mon absence, tu mènes une vie difficile, dit Yu sur un ton de regret, mais tant que les crues ne seront pas maîtrisées, je ne pourrai pas me reposer!

Il prit son enfant des bras de sa femme, lui donna plusieurs baisers, puis, après quelques paroles de réconfort à Nujiao, il repartit sans se retourner une seule fois.

La légende dit que Yu passa ainsi trois fois devant chez lui sans jamais s'arrêter.

Des années passèrent. Yu allait du Nord au Sud, du levant au couchant, malgré le vent et la pluie, la fatigue et les dangers, toujours à la tête des travailleurs pour dompter les Eaux.

Enfin, après treize années de travaux, les ravins furent comblés, de grands lacs creusés, les cours d'eau dragués. Les eaux coulaient désormais des montagnes vers les plaines, des lacs vers les fleuves pour se jeter finalement à la mer. Les plaines furent asséchées. On put réparer et construire les maisons, défricher les champs, élever des boeufs et des moutons, et mener une vie heureuse.

Sans se prosterner devant l'Empereur Céleste ni utiliser de Terre Proliférante, en comptant seulement sur ses propres forces, on réussit tout de même à aménager les eaux sous la conduite du sage et courageux Yu. Si l'exploit en revient à Yu, la fierté rejaillit sur toute l'Humanité. Pour le remercier, le peuple le désigna comme successeur de l'Empereur Shun qui, âgé et en mauvaise santé, céda volontiers sa place à Yu.

Les annales historiques chinoises indiquent que Yu le Grand fut le premier Empereur de la dynastie des Xia ( XXIe - XVIe siècle avant notre ère). Yu s'entoura de deux sages, Bo Yi et Gao Tao qui le conseillèrent utilement. Son règne fut prospère et, toujours proche du peuple, il allait souvent faire des inspections.

Là où la récolte était mauvaise, il faisait importer des régions riches des produits en quantité suffisante pour que tout le monde pût vivre tranquillement et se consacrer à ses occupations, avoir de quoi manger, de quoi s'habiller et mener une existence heureuse.

Il apprit au peuple à planter des arbres sur les versants des montagnes et du riz sur les terres basses.

Chaque année, les neuf préfectures du royaume devaient offrir des produits locaux à la capitale Anyi. Ce n'était pas pour satisfaire ses propres besoins, mais pour faire des échanges de produits dans tout le royaume.

Parmi les Empereurs de l'Antiquité, Yu le Grand fait figure de souverain sage et proche du peuple. Depuis cette époque, on utilise souvent l'expression : "Ne pas être inférieur à Yu" pour faire l'éloge de ceux qui accomplissent de grands exploits au service du peuple.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:26

Yu au Pays des Géants


PARTIE I

Un jour, tandis qu'il cherchait un endroit par où drainer les crues, Yu arriva au lieu-dit du Creux de la Vague, à l'Est de la mer Bohai. C'était une île gigantesque de la Mer orientale, située non loin du lieu où le soleil et la lune se lèvent. Lorsque Yu aborda sur l'île, il vit au loin une petite montagne et se dirigea dans sa direction.

Au bout d'une dizaine de "li", il se rendit compte que cette montagne n'en était pas une, mais un grand Palais grisâtre. Sur le linteau de la porte d'entrée, une grande pancarte annonçait: Palais des géants. Au centre du Palais, un géant était en train de parler en agitant les bras. Accroupis autour de lui, cinq ou six géants l'écoutaient.

Yu avait entendu dire naguère qu'il existait un pays de géants dans la région du Creux de la Vague et que ces géants descendaient de Dragons. D'ailleurs, on appelait aussi cette région le pays des Frères Dragons.

Les gens de ce pays mesuraient tous plus de 25 mètres de haut. Les mères accouchaient de leur bébé après 36 ans de gestation. Ces bébés avaient les cheveux tout blanc et, s'ils étaient des bébés, ils n'en étaient pas moins des géants.

Le Palais des géants était un lieu de délibération. Leurs voix résonnaient comme un roulement de tambour. Ne supportant plus ce vacarme, Yu retourna au bord de la mer.

PARTIE II

Non loin de là, Yu aperçu un géant pêcher au filet sur un bateau. Sa barque était grande comme un navire de guerre. D'autres géants étaient en train de pêcher à la main en eau peu profonde; les vagues les plus hautes ne dépassaient pas leurs reins. Soudain, deux d'entre-eux s'exclamèrent de joie et jetèrent un grand poisson sur la rive. C'était une baleine de taille moyenne. Une bonne prise en vérité, mais qui suffit à peine pour leur dîner.

Médusé par ce spectacle, Yu n'entendit pas tout de suite des bruits de pas derrière lui. Lorsqu'il leva la tête, il vit un géant arriver; son pied, large comme une barque, allait le piétiner. Yu se jeta en arrière en criant:
- Eh! Attention!

Perplexe, le géant se pencha pour voir d'où provenait cette voix. Bien que Yu ait crié très fort, sa voix était très faible aux oreilles du géant. Et Yu, qui passait pour être un grand homme, n'arrivait pas à la cheville d'un géant.

- D'où viens-tu? Lui demanda le géant quand il l'aperçut.

- De très loin, répondit Yu en montrant la direction avec sa main.

Leur conversation attira l'attention des autres géants. Ils se rassemblèrent et s'assirent sur la plage pour bavarder avec Yu. Ils lui dirent qu'il y avait dans la mer, non loin de leur pays, un gouffre sans fond nommé Gui Xu. Toutes les eaux de la Terre pouvaient y couler sans jamais arriver à le combler. Il suffisait donc de drainer les eaux jusqu'à la mer.

- Mais l'embouchure du Huanghe est complètement bouchée, rétorqua Yu, il faudra accomplir des travaux énormes pour faire communiquer le fleuve avec la mer!
- Nous pouvons vous aider! Répondirent unanimement les géants.

Peu de temps après, guidés par Yu, quelques géants arrivèrent à l'embouchure du Huanghe et, avec leurs longs bras et leurs mains puissantes, rejetèrent les boues et les limons à la mer. Une demi-journée de travail suffit pour que les eaux du fleuve s'écoulent librement.

Yu les remercia chaleureusement mais n'osa pas les inviter dans son pays, de peur qu'ils n'écrasent quelques maisons ou personnes au cours de leur voyage.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:26

Yu au Pays des Nains


PARTIE I

Au delà des mers du Sud, à mille lieues du pays de Yu, s'étendait le pays des nains.
Un jour, fatigué d'un long voyage, Yu se coucha sur une plage et s'endormit. Lorsqu'il se réveilla, il aperçut des petites créatures évoluer autour de lui. C'étaient des nains de quelques dix centimètres de haut. Comme Yu, ils portaient des vêtements et étaient coiffés d'un bonnet; seule leur petite taille les différenciait des êtres humains.

Yu les observa avec intérêt sans bouger. Un groupe de nains grimpa sur ses bras et ses jambes. Certains montaient des chevaux pas plus grands que des grenouilles, d'autres avaient des chiens de chasse de la taille d'un grillon.

Soudain, un nain plus téméraire que les autres, s'approcha de son nez. Yu était toujours couché et son nez était le point culminant de son corps. Chevauchant un fier coursier, le nain escalada bravement le nez de Yu. Un drapeau dans une main, un arc dans l'autre, il cria quelque chose. Malheureusement, sa voix était trop faible pour que Yu pût l'entendre clairement.

Arrivé au sommet du nez, il tenta de planter son drapeau dans une des narines pour bien montrer qu'il était arrivé là le premier. Yu sentit son nez le démanger, il éternua bruyamment en s'asseyant sur son séant. Tous les nains qui paradaient sur lui furent projetés à terre avec armes et chevaux.

PARTIE II

Yu avait entendu parler du pays des nains. Malgré leur petite taille, les habitants de ce pays étaient intelligents, honnêtes et habiles, ils savaient fabriquer toutes sortes d'instruments. Leur pays était prospère.

Sous le règne de l'Empereur Yao, ils envoyèrent un émissaire spécial offrir au souverain "une flèche sans plume". Dans l'antiquité, l'aileron des flèches était toujours en plume. On ne sait comment cette flèche fut fabriquée, mais il devait s'agir d'une invention habile si l'on en juge par l'éloge qu'en fit l'Empereur Yao.

L'ennemi mortel des nains était la grue blanche. A l'approche des moissons, lorsque les épis étaient bien mûrs, des nuées de grues s'abattaient sur le pays, mangeaient les récoltes laborieusement plantées et attaquaient même les nains.

Informé de cette situation, l'Empereur Yao envoya des gens du pays de Daqin les aider. Les habitants de Daqin étaient aussi des géants, mesurant plus de 30 mètres de haut. A l'approche des moissons, les géants venaient surveiller les récoltes et chasser les grues blanches. La vie des nains fut assurée et ils vouèrent une grande reconnaissance à l'Empereur Yao.

D'autres pays de nains existaient outre-mer, comme le Pays des Cigognes, dans les mers occidentales où vivaient des hommes et des femmes hauts d'une vingtaine de centimètres.
C'était un pays très civilisé où chacun traitait les autres avec politesse. Tout le monde savait lire et écrire. Chaque vieillard jouissait de la même déférence que le Roi, comme dans les peuplades de la Chine Antique.

Malgré leur petite taille, ils marchaient plus vite que le vent, pouvant parcourir mille "li" par jour. Ils vivaient très vieux, certains jusqu'à 300 ans.

Leur seul ennemi était la cigogne. Les cigognes sont de grands oiseaux aux yeux perçants, aux ailes immenses qui les avalaient d'un seul coup. Mais, chose étrange, ces nains restaient vivants dans le ventre des cigognes.

On raconte qu'un jour, des chasseurs tuèrent une cigogne. Quand on ouvrit son ventre, on y trouva des nains vivants. C'est ainsi qu'on les appela les Hommes Cigognes et leur pays, le Pays des Cigognes.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:27

Yu aux Pays de la Longévité


PARTIE I

Au cours de ses voyages maritimes, Yu découvrit plusieurs pays dont les habitants étaient immortels.
Dans les mers septentrionales existait un pays, Wuqi, dont les habitants vivaient éternellement. Ils habitaient dans des grottes et se nourissaient exclusivement d'une sorte de poisson, le "poisson de l'énergie". Nul ne sait à quoi ressemble ce poisson. Peut-être s'agit-il d'une espèce aujourd'hui disparue.

Dans ce pays, il n'y avait pas de différence de sexe entre hommes et femmes, pas de mari ni de femme, a fortiori de famille. Après avoir vécu quelques années, les gens mouraient momentanément. On enterrait les morts, mais leur coeur ne cessait pas de battre et leur corps ne se décomposait pas.

120 ans après, les morts revenaient à la vie. On vivait et mourait alternativement et, malgré l'absence de descendance, le nombre des habitants restait toujours le même.

D'autres pays de longévité existaient, comme le pays des "Ah" dans les mers du Sud. Dans ce pays, les gens avaient tous le même nom de famille : "Ah". Ils étaient grands et robustes, restaient toujours jeunes et avaient la peau noire. Comme à Wuqi, ils ne mouraient jamais.

Au milieu de ce pays s'élevait la montagne du Tertre sur laquelle poussait l'Arbre de la Saveur que les gens appelaient aussi l'Arbre de l'Immortalité. Il était irrigué par les eaux limpides de la Source Rouge.

Les Ah ne se nourrissaient que des fruits sucrés et savoureux de cet arbre. Il ne buvaient aussi que de l'eau de la source rouge, et tout cela leur procurait l'immortalité.

Même les animaux pouvaient vivre éternellement et il n'était pas rare de voir des chauves-souris millénaires et des grenouilles mille fois millénaires. Car tous ces animaux se nourissaient des fruits de l'Arbre de la Saveur et s'abreuvaient à la Source Rouge!

PARTIE II

Dans les mers de l'Ouest existaient encore deux autres pays de longévité. Le premier s'appelait Tertre de Huangdi. Situé dans la région de la montagne des pauvres, il était peuplé d'étranges habitants à tête d'homme et à corps de serpent.

Pendant la guerre qui opposa Huangdi à Chiyou, ils aidèrent Huangdi à battre le démon Chiyou et s'attribuèrent des mérites. Après la victoire, Huangdi éleva un tertre, le Tertre de Huangdi. En témoignage de sa gratitude, il leur permit de vivre plus de mille ans. les hommes deux fois millénaires n'étaient pas rares dans ce pays.

Le deuxième pays s'appelait le pays des Blancs. Ses habitants avaient tous la peau et les cheveux blancs comme la neige. Eux aussi vivaient très longtemps.

Dans ce pays vivait un animal prodigieux, Chenghuang, au pelage d'or, pourvu d'une immense queue. Il ressemblait un peu à un renard, mais il avait deux cornes sur son dos. On l'appelait le Coursier Jaune, car il courait aussi vite que le vent.

Si l'on parvenait à le chevaucher une fois, on pouvait vivre au moins deux mille ans. Le proverbe "Fei Huang atteint d'un bond le sommet", qui signifie "faire une carrière vertigineuse", vient de là.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:27

Yu au Pays des Manchots


PARTIE I

A mille lieues des contrées occidentales se trouvait le pays des manchots. Ses habitants avaient une particularité : Ils ne possédaient qu'un seul bras, si long qu'il pouvait toucher terre. Ils avaient également trois yeux aux fonctions bien précises:
L'oeil gauche voyait le jour, l'oeil droit la nuit; quant au troisième, c'était une véritable longue-vue, qui pouvait voir au loin mais aussi dans les nuages ou le brouillard le plus épais.

Ainsi n'avaient-ils pas besoin de dormir. Le jour, l'oeil droit pouvait se reposer et la nuit c'était au tour de l'oeil gauche. De même le troisième oeil pouvait rester fermé si l'on ne s'en servait pas. Tout le monde travaillait jour et nuit avec énergie.

Les habitants du pays des manchots étaient habiles et intelligents. Malgré qu'ils fussent manchots, ils avaient inventé toutes sortes d'armes. Ils abattaient les oiseaux avec des frondes; même les aigles les plus rapides et les plus hauts dans le ciel ne pouvaient leur échapper. Ils tuaient les faucons avec des lances effilées qu'ils pouvaient lancer par centaines en une seule fois. Aussi ne manquaient-ils pas de gibier à leur table.

PARTIE II

L'une de leurs plus belles inventions est sans conteste le char volant. La construction de ce char volant n'a pas été notée dans les livres anciens. D'après la légende, ce char aurait été fabriqué d'après le modèle de l'oiseau à deux têtes et du Cheval du bonheur qui pouvait parcourir mille li par jour.

L'oiseau à deux têtes avait de très grandes ailes aux plumes rouges et jaunes. Il tournoyait rapidement dans le ciel, de bas en haut, d'avant en arrière, sans avoir besoin de se retourner, car ses deux têtes étaient placées à l'avant et à l'arrière de son corps.

Avec sa robe rayée, sa crinière rouge et ses yeux d'or, le cheval du bonheur bondissait comme l'éclair. Les habitants du pays des manchots inventèrent et fabriquèrent des chars volants en bois d'après leurs observations sur ces deux animaux.

Ce char pouvait rouler sur la terre et voler dans le ciel. Aucune montagne ou rivière ne pouvait lui barrer le chemin. C'était un prodigieux moyen de communication!

Lorsque Yu arriva au pays des manchots, on l'invita à monter dans le char volant faire le tour des contrées occidentales. On le raccompagna même jusqu'aux Plaines centrales. Des contrées occidentales aux Plaines centrales, il y avait plusieurs centaines de milliers de li, mais le char volant couvrit la distance en moins de temps qu'il n'en faut pour avaler un repas.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:28

Yu au Pays des Longs Bras


PARTIE I

Au sud du Pays des Manchots se trouvait le Pays des longs bras. Les habitants de ce pays avaient une taille normale, mais leurs deux bras mesuraient plus de dix mètres.

Quand ils voulaient dormir, comme ils ne savaient où poser leurs bras, ils s'asseyaient sous un grand arbre et accrochaient leurs longs bras dans les branches, ressemblant ainsi à des gibbons.

Ils se nourrissaient exclusivement de fruits sauvages et de poissons et leurs longs bras étaient très utiles pour la cueillette et la pêche. Quelle que soit la taille des arbres, il leur suffisait de tendre la main pour cueillir un fruit.

Ils avaient aussi une façon amusante de pêcher: Ils s'asseyaient sur la plage et plongeaient leurs mains dans la mer, à la recherche de petits poissons et de crevettes. Mais en eaux peu profondes, les poissons n'étaient pas très grands. Lorsqu'ils voulaient attraper de gros poissons, ils se rendaient dans le pays voisin.

PARTIE II

Ce pays était le Pays des Longues Jambes. Ses habitants avaient un corps humain normal. Seules leurs jambes immenses les différenciaient des autres hommes.

Lorsqu'ils marchaient , ils ressemblaient à un compas. Chaque fois que les longs bras voulaient pêcher en eaux profondes, ils demandaient aux longues jambes de les porter sur leur dos.

Les Longues Jambes entraient dans la mer jusqu'aux genoux et les longs bras tendaient leurs mains et attrapaient facilement les gros poissons qui nageaient autour d'eux. L'un sur l'autre, ils ressemblaient à une grue flottante.

Les peuples de ces deux pays étaient intelligents. Ils savaient non seulement mettre à profit leurs capacités respectives mais aussi coopérer amicalement entre eux.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:29

Yu au Pays des Hommes Ailés


PARTIE I

Dans les régions du Sud-Est se trouvait un pays qui donnait sur les mers du Sud. Il était couvert de montagnes et de forêts profondes où vivaient de très beaux oiseaux. Le plus beau était sans conteste le Phoenix à queue multicolore qui chantait à merveille. Le Phoenix était un oiseau sacré qui ne mangeait que des graines de bambous, ne buvait que de l'eau de source et ne perchait que sur des sterculiers.

Comme il était rare qu'on pût l'apercevoir, on en fit le symbole du bonheur et de la paix. Dans le pays des hommes ailés, les Phoenix volaient librement partout.

On trouvait également des oiseaux "siamois" à aile et oeil uniques. Seuls, ils ne pouvaient voler et ils évoluaient toujours par paire dans le ciel. Aussi les considérait-on comme des couples inséparables s'aimant tendrement et vivant en parfaite harmonie. D'autres oiseaux rares vivaient en grand nombre dans ce pays.

Un jour, fatigué par une longue marche, Yu s'assit sous un grand arbre. Soudain, il entendit des voix dans la ramée. En levant la tête, il aperçut un jeune homme et une jeune fille causer familièrement. Comme le feuillage était très épais, les jeunes gens ne l'avaient pas remarqué.

Yu voulut les interroger sur la configuration du terrain et sur la direction à prendre et les appela. A sa grande surprise, au lieu de descendre de l'arbre, les deux jeunes gens s'envolèrent et vinrent se poser près de lui. Yu remarqua alors qu'ils portaient chacun une paire d'ailes.

PARTIE II

En effet, les habitants de ce pays avaient tous des ailes comme les oiseaux. Sachant marcher et voler, ils allaient et venaient plus facilement encore que les manchots avec leur char volant. Ils avaient aussi un bec d'oiseau et, d'après ce qu'on dit, venaient au monde dans des oeufs.

Les hommes ailés se nourrissaient exclusivement de poissons. Volant en groupes au-dessus de la mer, ils étaient plus habiles que des mouettes et, en peu de temps, attrapaient beaucoup de poissons. Ils les transportaient dans leur bec sur la plage, les faisaient cuire, puis tout le monde s'asseyait en rond pour partager un bon repas.

Les hommes ailés aimaient danser. Chaque année, quand le printemps arrivait, ils organisaient des soirées dansantes dans les clairières de la forêt. Les Phoenix étaient invités à venir chanter et leur chant mélodieux surpassait les plus belles musiques.

Hommes, femmes, vieillards et enfants dansaient au son de cette musique. Quand la danse battait son plein, les Phoenix y participaient parfois. Déployant leur grande queue multicolore, ils dansaient en mesure. C'était un spectacle magnifique.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:30

Yu, Démons et autres Monstres


PARTIE I

Si Yu le Grand parcourut tous les coins du Monde pour aménager les eaux, tous les endroits n'avaient pas pour autant le même intérêt. Certaines régions en effet étaient peuplées de démons et de monstres effrayants.

Au delà des mers du Sud s'étendaient plusieurs régions infestées de démons. Au pays du feu vivaient des démons à visage humain et à corps de bêtes, couverts de poils. Quand ils ouvraient la bouche, ils crachaient flammes et fumée. Même les bêtes sauvages qui habitaient dans les forêts les craignaient. Parfois, ils crachaient du feu sans raison, allumant de gigantesques incendies qui dévastaient des régions entières et faisaient fuir tous les animaux. Nul ne pouvait leur échapper s'il avait le malheur de les rencontrer.

Bordant les mers du Sud, le pays des hommes-crocodiles était peuplé d'habitants étranges. Ils ressemblaient à des hommes, mais avaient une bouche de crocodile. Leur corps était couvert de poils noirs et leurs deux pieds étaient tournés vers l'arrière. Quand ils apercevaient des hommes, ils partaient de rires démoniaques, puis se jetaient sur eux et les dévoraient. La plupart du temps, ils se promenaient dans les montagnes boisées en jouant de la flûte et en poussant des cris lugubres.

Dans le pays des borgnes, les habitants n'avaient qu'un oeil unique au centre de leur visage. Dans un autre pays, les gens avaient un grand trou rond au milieu de la poitrine. Ailleurs, les hommes avaient des orbites profondes comme celles d'une tête de mort.

Dans une autre région, les gens avaient trois têtes et pouvaient pousser à la fois trois cris différents. Quelles que soient leurs particularités, tous étaient effrayants.

PARTIE II

Les monstres n'étaient pas moins nombreux. Le tigre volant, muni d'une paire de grosses ailes était un animal avide et cruel. S'il rencontrait un homme, celui-ci ne pouvait lui échapper. Il le dévorait de la tête aux pieds et avalait tout, même les cheveux.

Le renard à neuf queues, avec son pelage doré et sa longue queue soyeuse, était en apparence un très bel animal. Mais c'était en réalité une bête sournoise qui pouvait se métamorphoser sous toutes les formes , y compris en belle jeune fille pour tromper les hommes, puis les dévorer.

Dans les montagnes boisées des régions septentrionales vivait un papillon rouge, grand comme un éléphant. Sa couleur venait de ce qu'il se gorgeait du sang des animaux.

Il y avait aussi une grosse abeille noire très dangereuse. On entendait le "bzz" de son vol à plusieurs "li" à la ronde. Sa piqûre était mortelle.

Dans les régions méridionales vivait un animal semblable à une tortue. Il ne mesurait qu'une dizaine de centimètres mais était très dangereux. Embusqué dans les endroits sombres près des cours d'eau, il attendait que survînt quelqu'un pour cracher sur lui, ou sur son reflet dans l'eau, un fluide mortel. Heureusement, non loin de là, vivaient des chasseurs habiles qui aimaient accompagner leur plat de céréales avec la chair de cet animal. Grâce à eux, le pays n'était pas infesté de ces animaux mortels.

Lorsqu'il eut achevé l'aménagement des eaux, Yu fut choisi par le peuple pour gouverner le pays. Pour prévenir les gens des démons et des monstres qu'ils pouvaient rencontrer au cours de leurs voyages, il fit couler neuf grands trépieds de bronze sur lesquels étaient gravés des dessins représentant les démons et les monstres ainsi que leur localisation.

Ces trépieds furent exposés et chacun put ainsi se faire une idée des dangers qu'il pouvait encourir en voyageant.

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MessageSujet: Re: Légendes de 91 à 101   9/2/2007, 10:31

La Légende de Fu Xi


PARTIE I

Autrefois, il existait un pays, le pays de Huaxushi, situé dans la Chine du Nord-Ouest. Il était arrosé par un fleuve large et long, le fleuve de la Foudre, sur les rives duquel vivait le peuple de ce pays.

Pourquoi ce nom de fleuve de la Foudre? On dit qu'en amont du fleuve s'étendait un grand lac, le lac de la Foudre, où le fleuve prenait sa source. Dans le lac de la Foudre habitait le Dieu de la Foudre. Comme le Dieu de la Foudre était d'un caractère inconstant, ce fleuve présentait des particularités.

Tantôt il était calme et paisible, plissé de quelques vaguelettes; les peupliers verts et les saules pleureurs se reflétaient alors sur l'eau courante comme sur un miroir brillant. Tantôt c'était un torrent impétueux galopant comme une bête folle, rugissant et fonçant droit devant lui. Il inondait les maisons et les arbres riverains dans un rugissement assourdissant qui faisait trembler toute la terre. On savait alors que le Dieu de la Foudre était en colère.

Cette calamité se répétait d'une année à l'autre. Mais que faire? Si quelqu'un avait pu aller voir le Dieu de la Foudre et lui conseiller de partir pour le ciel comme les autres dieux, alors, ces désastres auraient pu être évités. Mais qui pouvait y aller, qui oserait y aller? Le lac de la Foudre était très loin de là, et le Dieu de la Foudre était un dieu terrible.

Au bord du fleuve habitait un vieux couple avec leur fille unique. Son nom n'étant pas mentionné dans les livres historiques, nous l'appellerons Hua Xu. Elle était belle et intelligente mais, comme toutes les filles uniques, un peu capricieuse. Néanmoins, c'était une fille honnête et brave.

Un jour, la colère du Dieu de la Foudre ayant de nouveau provoqué des inondations, le vieux couple se lamenta:
- Hélas! Quand donc ce malheur finira-t-il? Nos nouvelles maisons construites avec tant de difficulté, nos boeufs et nos moutons, tout est inondé!

- Il faut aller au lac pour s'expliquer avec le Dieu de la Foudre! S'indigna Hua Xu.

- C'est un despote, qui oserait y aller! Répondirent ses parents en hochant la tête.

- Mais il doit habiter dans le ciel! Il provoque sans cesse des catastrophes et il nuit au peuple, c'est injuste! Je vais aller lui dire ses quatre vérités, moi!

Ses parents s'effrayèrent:
- Tu n'y penses pas! Personne n'est jamais allé au lac de la Foudre! Alors, toi...

La jeune fille se tint coi, mais on pouvait deviner sur ses lèvres fermées et dans son regard qu'elle avait déjà pris la décision d'y aller...

PARTIE II

Quelques jours après, Hua Xu quitta son pays natal et ses parents et remonta le fleuve. Elle marcha longtemps. Quand elle avait faim, elle se nourrissait de fruits sauvages; quand elle avait soif, elle buvait l'eau du fleuve.

Quelques mois après, elle arriva en vue d'un lac qui s'étendait à perte de vue devant elle. Le lac était noyé dans le brouillard et l'eau était d'une profondeur insondable. Elle était arrivée au lac de la foudre.

Alors qu'elle regardait dans l'eau pour chercher le Dieu de la Foudre, la surface du lac devint soudain très agitée, d'énormes vagues roulèrent dans sa direction et des coups de tonnerre retentirent. Un monstre à tête d'homme et à corps de Dragon surgit du fond du lac. Tremblante de peur, Hua Xu se cacha derrière un arbre. A ce moment-là, elle piétina l'empreinte d'un pas géant sur la rive du fleuve. Son corps fut agité de violents tremblements, elle sentit quelque chose comme un courant électrique lui traverser tout le corps, puis elle fut clouée au sol par une force mystérieuse.

- Comment oses-tu troubler ma demeure divine? Retentit une voix des profondeurs de la terre.

Et avant que Hua Xu pût répondre, le Dieu de la Foudre sauta sur la rive, s'empara de la jeune fille et l'entraîna dans son Palais dans les profondeurs du lac. Le Palais était vaste et confortable, bien que décoré sobrement. Un énorme gong était suspendu dans un coin, près duquel était posé une grande baguette à tampon. C'était l'instrument dont se servait le Dieu de la Foudre quand il faisait éclater le tonnerre.

Chaque fois qu'il volait dans le ciel, il emportait ce gong et le frappait sans relâche. Quand il s'ennivrait, il frappait si fort que les eaux du lac et du fleuve s'agitaient dans tous les sens et inondaient les rives.

- Qu'es-tu venue faire ici? Interrogea le Dieu de la Foudre sur un ton sévère.

- Je suis venue te demander des explications! Répondit la jeune fille sans se troubler.

- Si tu veux... Répondit-il l'air arrogant.

- Tu n'apportes que des malheurs à la population riveraine du fleuve de la Foudre! S'écria-t-elle avec indignation.

Aussi despotique qu'il fût, le Dieu de la Foudre ne trouva rien à répondre au juste blâme de la jeune fille.

Au fond de lui-même, il admirait le courage de cette jeune fille et sa grande beauté acheva de l'apaiser.

- Bon, je veux bien quitter le lac pour le ciel, mais à une condition : Que tu deviennes ma femme. De toutes façons, tu ne peux plus rentrer chez toi maintenant.

Hua Xu hésita. le Dieu de la Foudre ajouta, sur un ton plus doux :
- Ne t'inquiète pas, je te traiterai bien.

Le Dieu de la Foudre s'étant engagé à quitter le lac, Hua Xu consentit à devenir sa femme. Dès lors, non seulement il l'entoura de prévenances, mais il ne battit plus du gong à sa guise et les eaux du lac et du fleuve restèrent calmes.

PARTIE III

Quelques temps après, Hua Xu mit au monde un garçon. Le Dieu de la foudre pensa alors quitter le lac pour le ciel avec sa femme. La jeune fille pensait à son pays natal. Puisqu'elle ne pourrait jamais y retourner, se dit-elle, elle y enverrait son fils.

Profitant d'une sortie de son mari, elle déposa son enfant dans une calebasse. C'était un récipient à vin pour le Dieu de la Foudre, grand comme une barque. Elle posa la calebasse renfermant son enfant sur l'eau du lac et la petite embarcation descendit bientôt le fleuve en suivant le courant.

Le père de Hua Xu pêchait au bord du fleuve, pensant mélancoliquement à sa fille, quand soudain, il vit dériver une grosse calebasse sur le fleuve. Intrigué, il la repêcha et l'emmena chez lui. Quelle ne fut pas leur surprise quand le vieux couple découvrit à l'intérieur un bébé dodu.

Il était enveloppé dans un vêtement ayant appartenu à leur fille. En l'examinant attentivement, ils virent que son front large, la blancheur de son teint et sa beauté le faisaient beaucoup ressembler à leur fille et ils furent convaincus qu'ils avaient devant eux leur petit-fils.

Cette découverte surprenante consola le vieux couple touché par la perte de leur fille. Ils élevèrent cet enfant comme le leur et l'aimèrent tendrement. Quels grands-parents n'aimaient pas leur petit fils?

Tous les gens vinrent voir cet enfant venu des eaux et adressèrent leurs félicitations au vieux couple. L'enfant n'ayant pas de nom, sa grand-mère l'appela Fu Xi, qui signifie "calebasse" dans le dialecte du pays Huaxushi.

Fu Xi, fils du Dieu de la foudre et de Hua Xu, grandit rapidement et se distingua bientôt des autres par sa taille gigantesque, son intelligence et sa bravoure. Mais surtout, il pouvait gravir l'échelle céleste ce que personne n'était capable de faire.

Une légende raconte que, dans l'antiquité, le ciel et la terre étaient liés entre eux. Cette liaison s'établissait dans le lieu dit de Duguang. Là poussait l'arbre de la Fondation, dont la cime perçait les nuages. Cet arbre liait la terre et le ciel comme une échelle céleste.

Quelle que soit la direction du soleil, cet arbre ne produisait pas d'ombre à la différence des autres arbres de la terre. Il était si grand qu'on ne pouvait distinguer ses branches et ses feuilles. Le long du tronc pendaient des milliers de lianes.

Tous les dieux du ciel montaient au ciel ou en descendaient par cette "échelle céleste". Cependant les hommes ne pouvaient grimper au ciel car l'échelle était trop haute. Seul Fu Xi arrivait à gravir l'échelle céleste et pouvait donc circuler entre ciel et terre. Cette étrange faculté lui venait sans doute d'être le fils du Dieu de la Foudre.

Fu Xi aimait bien son pays et son peuple. Grâce à son intelligence, il apporta d'innombrables contributions et fut l'auteur de nombreuses inventions. Ainsi, de la toile d'araignée lui vint l'idée du filet de pêche.

Il enseigna également aux hommes l'art de la cuisson du gibier. Ce fut une contribution importante dans l'amélioration de la vie du peuple. Aussi le surnomme-t-on aussi Pao Xi le maître-queux.

La légende dit qu'il est également à l'origine des huit trigrammes qui régissent l'ordre cosmique et représentent les différents aspects de l'univers en mouvement :
(le ciel, la terre, l'eau, le feu, la montagne, le tonnerre, le vent, le lac).

Grâce à ces huit trigrammes, on put connaître précisément chaque aspect de l'univers et saisir les relations et les mutations entre eux, comprendre l'essence des choses et prévoir les calamités naturelles...

PARTIE IV

C'est ainsi que Yu le grand, pour dompter les crues, utilisa les huit trigrammes. Alors qu'il luttait contre les crues dans la région du mont longmen, Yu découvrit une immense grotte. Une torche à la main, il s'y engagea pour l'explorer. Au bout de quelques pas, il vit arriver deux animaux étranges, l'un portant une perle dans sa bouche qui éclairait la grotte comme en plein jour, l'autre lui faisant signe de la suivre. Ils marchèrent environ cinq kilomètres et arrivèrent en vue d'une grande salle.

Les deux animaux se métamorphosèrent en deux officiants habillés de noir postés de chaque côté de la salle. Au centre trônait un génie à visage humain et au corps de Dragon. Yu reconnut Fu Xi, fils du Dieu de la Foudre et de Hua Xu. Il s'inclina respectueusement, puis lui demanda conseil pour l'aménagement des eaux. Ravi de pouvoir lui venir en aide, Fu Xi prit une plaque de jade et la lui tendit. Sur la plaque étaient gravés les symboles des huit trigrammes.

- Si tu veux dompter les crues, lui dit Fu Xi, il faut d'abord bien connaître la topographie des montagnes, des rivières, le niveau des eaux et des terres, afin d'aménager les terres pour conduir l'eau à la mer, construire des barrages et des ponts. Etudie avec soin ces huit trigrammes et leurs rapports entre eux et tu dompteras les eaux. Alors l'Humanité sera sauvée.

Grâce aux huit trigrammes, Yu fut à même de définir les rapports entre les divers éléments de l'univers, d'aménager les eaux et de sauver l'humanité.

Toujours d'après la légende, quelques années après, sous la dynastie des Yin, un souverain despotique , le roi Zhou, monta sur le trône. Le peuple souffrait beaucoup sous son règne. Son ministre Ji Chang, qui devint par la suite le roi Wen de la dynastie des Zhou, lui conseilla la mesure. Refusant ses conseils, le roi Zhou le jeta en prison à Youli.

Ji Chang en profita pour étudier les huit trigrammes de Fu Xi et comprit beaucoup de choses en liaison avec sa propre aventure. Afin de transmettre sa compréhension des changements de la nature et de la société, il rédigea le Livre des transformations ou Yi - King, dont les 64 hexagrammes représentent toutes les situations possibles des êtres au cours des mutations de l'univers.

Ainsi l'invention des huit trigrammes fut-elle une grande contribution de Fu Xi à l'humanité.

Lorsque l'Empereur Céleste apprit toutes les bonnes actions de Fu Xi, il le nomma roi du pays de Huaxu. Grâce à sa force et à son talent, Fu Xi gouverna sagement en s'entourant de ministres sages et dévoués.

Son ministre de l'agriculture, Gou Mang, était un homme compétent et jouissait d'une large popularité. Chaque printemps, Gou Mang, qui avait un visage humain et un corps d'oiseau, volait de champs en champs avec sa chaîne d'arpenteur, il indiquait aux paysans le temps des semailles, les aidait à mesurer leurs champs et à élaborer des plans de semailles.

Les annales historiques décrivent le pays de Huaxu comme un paradis terrestre. Là, chacun pouvait prévoir le temps par l'astrologie, connaissait toutes les qualités des montagnes et des rivières, de la terre et des arbres, savait planter et récolter n'importe quoi. Les gens vivaient très longtemps, il n'était pas rare de voir des vieillards de 100 ou 200 ans.

Là encore, on ne se noyait pas quand on plongeait dans l'eau, on ne se brûlait pas quand on se jetait dans le feu, on pouvait voir dans le brouillard et entendre malgré le tonnerre, franchir montagnes et rivières aussi facilement que des plaines.

Grâce aux huit trigrammes de Fu Xi, le peuple de Huaxu maîtrisait toutes les lois de la nature et menait une vie heureuse. Aujourd'hui encore, l'étude des huit trigrammes aide à comprendre les lois universelles.

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